D'ingénieure cosmétique à créatrice de contenu : rencontre avec Bérengère

De l'industrie des cosmétiques à YouTube, Bérangère nous raconte en détails son parcours atypique !

D'ingénieure cosmétique à créatrice de contenu : rencontre avec Bérengère


Avant de devenir créatrice de contenu, Bérengère était ingénieure cosmétique. De l'industrie des cosmétiques à YouTube, elle nous raconte plus en détails son parcours et son expérience sur les réseaux sociaux.

Bonjour Bérengère ! Peux-tu te présenter ?

Bonjour ! Je m’appelle Bérengère, je suis à l’origine ingénieure physico-chimiste et je suis actuellement créatrice de contenu sur les réseaux sociaux (@pibou_beauty). J’ai travaillé pendant plusieurs années dans l’industrie cosmétique et je mets maintenant toutes mes connaissances scientifiques au service de la création de contenu ! Je fais des contenus qui expliquent la formulation des produits, la science qu’il y a derrière, etc. en vulgarisant bien entendu pour que cela soit accessible à tous.

Tu es donc devenue créatrice à temps plein ?

Oui, je suis maintenant auto-entrepreneure mais je ne fais pas que de la création de contenu. J’ai développé une partie consulting dans laquelle j’aide des marques à développer leurs produits cosmétiques.

Est-ce que tu pourrais évoquer ton parcours un peu plus en détail? Quelles ont été les étapes qui ont fait que d’ingénieure, tu sois devenue créatrice de contenu?

Pour être honnête j’ai un parcours vraiment typique : j’ai toujours adoré les sciences et tout ce qui avait un rapport avec les produits cosmétiques, je voulais trouver un moyen de combiner les deux. Mon but était vraiment de comprendre les ingrédients qu’il y avait dans les produits, savoir déchiffrer et comprendre les listes d’ingrédients qu’il y avait sur les étiquettes des produits, en plus de vouloir participer au développement de produits cosmétiques. J’ai donc fait un Bac Scientifique, puis une prépa physique/chimie qui m’a menée à une école d’ingénieur dans laquelle je me suis spécialisée en formulation de produits.

Puis mon copain a eu une opportunité professionnelle à Hong Kong et je l’ai suivi là bas. J’avais envie de partir, de découvrir autre chose, et de me découvrir moi-même. Je savais qu’il allait être compliqué pour moi d’y trouver un travail à la hauteur car Hong Kong est davantage porté sur le business et le marketing que sur les sciences. J’ai donc décidé de faire quelque chose d’autre et c’est comme ça que je suis devenue auto-entrepreneure !

Cela fait combien de temps que tu es sur les réseaux sociaux ?

J’y suis depuis 3 ans, mais je n’ai pas forcément commencé avec ce que je fais actuellement. J’avais une boutique cosmétique donc j’avais forcément page insta pour la boutique. Au fil du temps, je me suis rendue compte que j’avais beaucoup plus de choses à partager - toutes mes connaissances et expériences du fait de mon métier dans l’industrie cosmétique - et j’ai ouvert mes réseaux plus largement à la science des cosmétiques. J’ai d’ailleurs bien fait car j’ai dû fermer ma boutique à cause du covid, ce qui m’a permis de me concentrer sur ces sujets, et donc d'en être là aujourd’hui !

Tu as étudié, travaillé en entreprise, puis tu es devenue créatrice donc auto-entrepreneure. Quelles sont les principales différences que tu as constaté dans ton quotidien, et ce que tu préfères ?

Aujourd’hui je préfère clairement être auto-entrepreneure pour les mêmes raisons que beaucoup de personnes : ne pas avoir de patron, travailler quand tu veux, où tu veux, sur les sujets que tu veux. En somme, faire ce que tu as envie de faire. C’est une vraie liberté, ce qu’il y a de mieux pour moi et qui correspond beaucoup plus à mon tempérament, car quand je veux faire quelque chose je le fais et je ne procrastine pas du tout.

Il y a toutefois des choses qui me manquent : développer des formules, aller au laboratoire, faire des tests… Des choses que je n’ai plus du tout à l’heure actuelle mais qui me plaisaient énormément dans mon métier. C’est pour cela que je suis heureuse de conserver une partie en consulting car je peux continuer à développer des produits avec des marques.

Tu es présente sur Instagram et Youtube : sur quel réseau t’es-tu lancée en premier ?

J’ai d’abord commencé sur Instagram car c’était plus facile pour moi. Je ne suis pas quelqu'un qui aime parler devant une caméra ou qui aime se montrer. Je me suis lancée sur Youtube à reculons, ce n’était pas mon idée de base. On m’a poussée, je me suis entraînée, et je ne regrette pas ! C'est aujourd’hui une grosse partie de mon travail et je suis très contente de le faire.

En parlant de plateformes, est-ce la même audience que tu retrouves sur Instagram et Youtube ?

Certaines personnes sont présentes sur les 2, mais j’ai quand même l’impression que ce sont deux communautés distinctes. Sûrement parce que les contenus proposés y sont différents : sur YouTube, je rentre dans le détail alors que sur Instagram le contenu est plus rapide, plus visuel. Je pense qu’Instagram est parfait pour les personnes qui n’ont pas nécessairement envie de prendre le temps de rentrer dans les détails, au contraire de Youtube.

Tu fais partie d’une niche de créateurs assez spécifiques, en plus d’avoir un parcours relativement atypique ! As-tu des liens avec d’autres créateurs ? Comment te positionnes-tu dans l’écosystème?

En effet ! Je suis en contact avec pas mal de créateurs qui proposent des contenus assez similaires aux miens : même genre de profils, axés sur la science, qui rentrent en détail sur les compositions, les études scientifiques, etc. Malheureusement je ne les ai pas encore vus car ils sont généralement en France, et les voyages ont de fait été assez compliqués avec le covid.

Quel est le plus grand défi que tu aies eu à relever?

Je pense honnêtement que ça a été de trouver un travail qui me plaisait en France. La cosmétique est un secteur qui bouge beaucoup en France, qui fonctionne bien. Or, il y a beaucoup de demandes et très peu d'offres, surtout en formulation produit. Nous sommes tous en compétition, car nous avons des profils très similaires, et c’est très compliqué de sortir du lot et de trouver un travail que tu veux vraiment faire. Sans avoir de contacts c’est encore plus compliqué, je pense que c’est l’une des plus grandes épreuves que j’ai pu affronter : trouver quelque chose à la hauteur de ce que tu souhaites et de ce à quoi tu aspires.

Je pense qu’il faut vraiment développer un réseau dès le début, dès que tu sais ce que tu veux faire, il faut aller à la rencontre des gens car ça facilitera la suite.

C’est le conseil que tu aurais aimé que l’on te donne ?

Oui, l’un des plus importants, c’est certain. J’avais l’impression qu’en rentrant en école, une fois diplomé-e d’un bac+5, je trouverais du travail facilement. Je pense qu’il faut vraiment développer sa curiosité, se poser des questions, aller chercher des réponses tout-e seul-e, etc. Etre ingénieure est un travail d’indépendant, car tu travailles tout seul, mais ton but est avant tout de trouver des solutions à un problème.

Il y a eu des rencontres marquantes pour toi?

Je pense à une personne en particulier : mon copain. On s’est rencontrés en prépa, on s’est vraiment poussés tous les deux pour réussir. Les années de prépa ne sont pas faciles, et c’est grâce à lui que j’ai pu mieux apprécier ces années, que je suis allée en école d’ingénieur en me sentant beaucoup plus confiante. J'irais même jusqu’à dire que c’est grâce à lui que je suis devenue auto-entrepreneure ! Si je ne l’avais pas suivi à Hong Kong, je serais sûrement restée en France avec mon CDI à Paris.

Quels sont tes projets pour les prochains mois ?

Actuellement je suis beaucoup plus centrée sur la création de contenu car j’estime que je suis encore sur une phase ascendante, j’ai envie de me focaliser là-dessus. J’ai malgré tout toujours le développement de produit qui reste dans un coin de ma tête. J’ai aussi pas mal travaillé en tant que consultante pour une marque qui va se lancer en septembre, c’est un projet qui me tient à cœur car je l’ai vu se développer. J’ai conscience que la création de contenu n’est peut-être pas éternelle, donc on verra bien !